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Je vais « spoiler » (quel vilain mot quand on y pense, ne serait-il pas plus approprié et plus doux aux oreilles, voire aux mirettes, d’écrire « faire quelques révélations surprenantes qui risqueraient de dévoiler maintes informations susceptibles de nuire à la pure jouissance de la découverte »). Dans cette émission, je concède un point à mon camarade/collègue/antagoniste des ondes : Nicolas Kunc. Que le cinéma français paraît triste et petit quand on le compare à son voisin d’outre-Atlantique. Il y a quelques jours, j’envoyais un texto à mon autre camarade/collègue/antagoniste des ondes : Vincent Quénault en lui faisant part de cette réflexion à la sortie de DJANGO UNCHAINED : « Que le cinéma français paraît parfois mesquin. » « Radin même » a-t-il osé répliquer le malotru.

Il n’est pas besoin de savoir en détails ce que nous pensons du dernier Tarantino ou du dernier Paul Thomas Anderson (THE MASTER) pour constater en un plan, un générique, une image, un cadrage, une BO, une réplique, un costume, une photo, un pitch ce que ces films proposent de grand, d’ambitieux, de consistant en comparaison de la petitesse des productions françaises de cette quinzaine : PAULETTE et ALCESTE À BICYCLETTE. Comment aller en salle se délecter de quoi que ce soit de nos terroirs, croire encore à la gloriole chauvine quand on enchaine (on me pardonnera ce jeu de mots digne d’une fin de saison des Grosses Têtes) DJANGO et ALCESTE ?

Les franco franchouillards, arrimés à leur seul CNC et à l’exception provinciale, me diront que « nenni, il y a de tout dans le cinéma du Cantal ». « Fichtre, sang Dieu, leur rétorquerai-je. Que ne le sais-je pas ? N’endosse-je pas depuis ces 56 Kaboom le rôle de défenseur de nos lignes hexagonales ? N’ai-je point été l’adversaire vaillant de joutes sanglantes contre les états Kuncesques, glorifiant notre éclectisme unique au monde, notre diversité, chantant les amours de Mia Hansen Love l’année d’avant, les ingénieries de Carax. » Cinéma en effet capable d’afficher parmi ses joaillers des artistes aussi différents et talentueux, rien qu’en 2012, que Rabah Ameur-Zaimeche, Audiard, Lvovsky, Ozon.

Alors quoi, pourquoi cet écart de conduite cette fois-ci ? Pourquoi accabler ce qui n’en a pas besoin ? Car on se rend compte en allant au cinéma ces jours-ci que Tarantino et PTA ne font pas le même métier qu’Enrico et Le Guay. Que les deux « ricaineries » de cette quinzaine ne boxent pas dans la même catégorie que les deux « francheries », que l’art des uns n’a rien à voir avec l’artisanat des autres. Que ce sont deux mondes différents. Et que l’on ne vienne pas me rétorquer qu’ils n’ont point les mêmes moyens.

Et alors faut-il que je vous sorte la liste des « francheries » réalisées avec moins de sous et qui ont affiché d’autres ambitions que de faire vite du profit en proposant des contenus consensuels vite digérés (et qui flattent) pour rameuter les spectateurs du quatrième âge dans les salles pendant les jours de la semaine. Qu’on me dise le budget d’ALCESTE et que l’on compare à celui de L’APOLLONIDE ? Qui à part les critiques, les chômeurs, les sécheurs de cours et les vieillards vont au cinoche le mardi après midi ? Faut bien plaire à l’une de ces catégories, ma foi. Si bien que le cinéma pour vieux grignote de plus en plus nos écrans. Je ferai la liste bientôt.

Si fait que nous visionnons en ce moment de plus en plus de films cacochymes. Des films autocentrés et leurs références ancestrales. Des films de vieux, qui ne regardent pas plus loin que le bout du jardin ou de la région. Des films qui ne sortent pas, restent enfermés à déplorer la culture d’hier, à maudire le monde, à ne rien vouloir voir de plus que ce qu’ils connaissent, à haïr l’autre. Des films d’habitude pour habitués des mêmes sièges. Des films qui n’égratignent rien et ne font que se flatter et se féliciter d’eux mêmes. Des films qui ressassent les mêmes truismes académiques d’un pseudo réalisme de bon aloi. Des films qui font montre de prétention plutôt que d’orgueil en feignant de ne rien proposer de plus qu’un téléfilm. Des films qui ont peur du monde, peur de la fantaisie, du fantastique, du fantasque. Des films qui ne rêvent plus. Des films qui craignent l’autre et restent satisfaits de leur ignorance. Bref, des films qui ressemblent à ce nouvel Alceste, héros exemplaire de monsieur Philippe Le Guay. Des films, oui, de misanthropes pour misanthropes nationaux qui préfèrent chanter la gloire des héros d’hier (ici, Molière), se pavaner à regarder auto satisfaits ses « Grands Comédiens » (ah, on y cause Louis Jouvet) se donner la réplique. Des films qui se vantent eux-mêmes de ce qu’ils font exactement comme il a été déjà fait avant eux.

Plutôt que d’inventer les images d’aujourd’hui.


Frédéric Mercier


Programme :
(sélection du 09/01/2013 au 22/01/2013)

. PAULETTE de Jérôme Enrico (Ecouter)
. DJANGO UNCHAINED de Quentin Tarantino (Ecouter)
. THE MASTER de Paul Thomas Anderson (Ecouter)
. ALCESTE À BICYCLETTE de Philippe Le Guay (Ecouter)
. PARADIS : AMOUR de Ulrich Seidl (Ecouter)

Rétrospective :
-

Invité :
-

Durée :
01H22


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